Un long arrêt de travail après un accident : de quoi vivre en attendant
Les semaines deviennent des mois. Le salaire est remplacé par des indemnités, les factures, elles, ne changent pas. Pour un salarié, trois sources de revenus peuvent se superposer pendant un long arrêt. Les connaître aide à anticiper et à garder les justificatifs dont l’avocat aura besoin.
Article publié le 5 novembre 2026 par la rédaction d’Après l’Accident. Information générale, sans consultation juridique.
Travail, trajet ou vie privée : trois régimes
La première question est la qualification de l’accident, car elle fixe le régime de vos indemnités :
- Accident du travail, survenu pendant l’exécution ou à l’occasion du travail : indemnités journalières spécifiques, complément de l’employeur, puis rente ou capital en cas de séquelles.
- Accident de trajet, entre domicile et travail : Service-Public précise qu’il ouvre droit aux indemnités journalières de la Sécurité sociale, sous conditions, mais sans indemnisation spécifique comparable à celle de l’accident du travail, ni rente d’incapacité permanente au titre des risques professionnels.
- Accident de la vie privée, le week-end ou en vacances : les règles de l’arrêt maladie s’appliquent.
Source : fiche Service-Public F31881 (vérifiée le 12/09/2025), consultée le 04/11/2026. Voir accident de trajet.
Les indemnités d’accident du travail
Le jour de l’accident est intégralement payé par l’employeur. Les indemnités journalières sont ensuite versées par la CPAM ou la MSA dès le lendemain de l’arrêt, sans délai de carence, y compris en cas de rechute. Elles représentent 60 % du salaire journalier de référence du 1er au 28e jour, puis 80 % à partir du 29e jour, dans la limite d’un plafond. La CSG et la CRDS sont déduites.
Ces indemnités sont versées pendant toute l’incapacité, jusqu’à la guérison ou la consolidation. Ensuite, si des séquelles demeurent, un taux d’incapacité permanente est fixé et ouvre droit à un capital ou à une rente : voir contester le taux d’IPP.
Source : fiche Service-Public F175 (vérifiée le 01/11/2026), consultée le 04/11/2026.
Le complément de l’employeur
En cas d’accident du travail, l’employeur doit verser une indemnité complémentaire si vous remplissez plusieurs conditions, dont au moins 1 an d’ancienneté au premier jour d’absence, l’information de l’employeur dans les 48 heures puis l’envoi du certificat médical, et la perception des indemnités journalières. Ne sont pas concernés notamment les travailleurs à domicile, saisonniers, intermittents et intérimaires.
Le complément porte votre revenu à 90 % de la rémunération brute pendant 30 jours, puis aux deux tiers, indemnités journalières déduites. Sa durée dépend de l’ancienneté : 60 jours sur 12 mois de 1 à 5 ans d’ancienneté, jusqu’à 180 jours à partir de 31 ans. Votre convention collective peut prévoir mieux.
Source : fiche Service-Public F175 (vérifiée le 01/11/2026), consultée le 04/11/2026.
Accident de la vie privée : les règles de la maladie
Pour un arrêt maladie, les indemnités journalières sont égales à 50 % du salaire journalier de base, calculé sur les 3 derniers salaires bruts. Au-delà de 6 mois d’arrêt, des conditions supplémentaires d’affiliation et d’activité s’appliquent. Dans le cas général, la Sécurité sociale verse au maximum 12 mois d’indemnités sur une période de 3 ans consécutifs ; en cas d’affection de longue durée, elles peuvent être versées pendant 3 ans. Un long arrêt peut donc se heurter à ces limites : c’est un point à anticiper.
Source : fiche Service-Public F3053 (vérifiée le 01/06/2026), consultée le 04/11/2026.
La part du responsable
Si un tiers est responsable, par exemple le conducteur qui vous a percuté, ses assureurs doivent réparer votre préjudice professionnel. Service-Public cite parmi les préjudices indemnisables d’un accident de la route l’invalidité temporaire ou permanente qui empêche de travailler. Articuler ces sommes avec les indemnités déjà perçues rend le chiffrage technique : c’est le rôle de l’avocat. En attendant l’offre définitive, une provision peut aider à tenir. Pour le détail des postes, voir perte de revenus et incidence professionnelle.
Source : fiche Service-Public F2677 (vérifiée le 30/04/2025), consultée le 04/11/2026.
Garder les preuves
- Vos bulletins de salaire des 12 mois précédant l’accident, primes comprises.
- Chaque attestation de paiement d’indemnités journalières.
- Les justificatifs du complément employeur et de la prévoyance.
- Toute trace d’une promotion, d’une formation ou d’un projet professionnel interrompu.