Sept erreurs fréquentes avant et pendant l’expertise médicale
L’expertise médicale est l’étape où vos blessures deviennent des postes de préjudice, décrits et cotés. Ce qui n’y est pas dit risque de ne jamais réapparaître. Voici les erreurs que l’on rencontre le plus souvent, et comment les éviter.
Article publié le 5 novembre 2026 par la rédaction d’Après l’Accident. Information générale, sans consultation juridique.
1. Croire que le médecin de l’assureur est neutre
Le médecin qui vous convoque est mandaté et rémunéré par l’assureur qui vous indemnisera. Cela ne fait pas de lui un adversaire, mais ce n’est pas votre médecin : il ne vous soigne pas et ne vous conseille pas. Ses conclusions serviront de base au calcul de l’offre.
2. Venir seul
Le code des assurances impose à l’assureur d’informer la victime de son droit d’être assistée, en cas d’examen médical, par un médecin de son choix (art. L211-10). Service-Public le confirme pour l’expertise après un accident de la route. Ce médecin conseil de victime connaît la nomenclature des préjudices, discute les cotations et peut faire consigner ses observations. Son intervention a un coût : renseignez-vous sur une prise en charge par votre protection juridique.
Sources : code des assurances, art. L211-10, Légifrance ; fiche Service-Public F2677 (vérifiée le 30/04/2025), consultés le 04/11/2026.
3. Arriver sans dossier
La convocation doit vous parvenir au moins 15 jours calendaires avant l’examen. Utilisez ce délai. L’expert ne peut tenir compte que de ce qu’il voit : comptes rendus d’hospitalisation, imageries, ordonnances, certificats, séances de rééducation, arrêts de travail. Classez-les par date. Un dossier incomplet, c’est une lésion ou une période de soins qui risque d’être oubliée.
4. Minimiser ses gênes
Par pudeur ou par fierté, beaucoup de victimes répondent « ça va » le jour de l’examen. Or l’expert apprécie aussi votre quotidien : sommeil, gestes de la vie courante, aide reçue d’un proche, sport et loisirs abandonnés, retentissement sur le travail. Préparez une liste écrite et précise, avec des exemples datés. Ces éléments fondent des postes comme les souffrances endurées, le préjudice d’agrément ou l’aide d’une tierce personne.
5. Accepter une consolidation prématurée
La date de consolidation marque le moment où l’état est considéré comme stabilisé ; elle fait aussi courir le délai de 10 ans pour agir en indemnisation après un accident de la route. Si vous êtes encore en soins actifs, en attente d’une opération ou en pleine rééducation, signalez-le. Une consolidation fixée trop tôt peut laisser de côté une évolution. Voir la consolidation.
Source : fiche Service-Public F2677 (vérifiée le 30/04/2025), consultée le 04/11/2026.
6. Ne pas lire le rapport
L’assureur doit transmettre le rapport d’expertise dans les 20 jours calendaires suivant l’examen. Lisez-le avant de recevoir l’offre, avec votre médecin ou votre avocat. Vérifiez que chaque lésion, chaque période d’arrêt et chaque gêne évoquée y figure. C’est sur cette base que l’offre sera construite : une omission dans le rapport se retrouve presque toujours dans l’offre.
7. Ignorer l’expertise judiciaire
L’expertise amiable organisée par l’assureur n’est pas la seule possible. Une expertise judiciaire peut être demandée avant tout procès, en référé, ou en cours de procédure. L’expert est alors désigné par le juge, convoque les parties et leurs avocats, travaille de manière contradictoire, adresse un pré-rapport sur lequel chacun peut formuler des observations (les « dires »), puis un rapport définitif. Le juge n’est pas lié par ses conclusions. L’avocat est obligatoire en référé si le litige dépasse 10 000 €.
Source : fiche Service-Public F35219 (vérifiée le 01/09/2025), consultée le 04/11/2026.