Après l’Accident est un service de mise en relation : nous ne sommes pas un cabinet d’avocats et ne donnons aucune consultation juridique.
Préjudice patrimonial permanent

L’aide d’une tierce personne

Se lever, se laver, s’habiller, préparer un repas, sortir sans danger : après un accident grave, ces gestes peuvent demander l’aide de quelqu’un. Que cette aide vienne d’un proche ou d’un professionnel, elle correspond à un besoin qui se décrit, s’évalue et peut être indemnisé.

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Ce que couvre ce poste

La nomenclature Dintilhac classe l’assistance par tierce personne parmi les préjudices patrimoniaux permanents. Le rapport la décrit comme les dépenses liées à l’assistance permanente d’une tierce personne « pour aider la victime handicapée à effectuer les démarches et plus généralement les actes de la vie quotidienne ». Il en précise les finalités : assister la victime, « préserver sa sécurité, contribuer à restaurer sa dignité et suppléer sa perte d’autonomie ».

L’aide visée est donc large. Elle ne se limite pas aux soins du corps : elle peut inclure l’accompagnement dans les démarches, l’aide aux tâches du foyer, les déplacements, et la présence nécessaire pour assurer la sécurité d’une personne qui ne peut pas rester seule, situation fréquente après un traumatisme crânien.

Une distinction de calendrier : avant la consolidation, l’aide temporaire d’une tierce personne est rangée par le rapport dans les frais divers, avec la garde des enfants ou l’aide ménagère. Le poste « assistance par tierce personne » proprement dit concerne le besoin qui demeure de façon définitive.

Source : rapport Dintilhac, 2005, partie II, préjudices patrimoniaux permanents, lu le 05/11/2026.

L’aide d’un proche compte comme celle d’un professionnel

Beaucoup de victimes sont aidées par leur conjoint, un parent, un enfant, sans aucune facture. Cette aide n’en est pas moins réelle. Dans un arrêt du 6 novembre 2025, la deuxième chambre civile de la Cour de cassation, se fondant sur le principe de la réparation intégrale sans perte ni profit pour la victime, rappelle que le montant de l’indemnité allouée à ce titre « ne saurait être réduit en cas d’assistance familiale » et qu’il n’est pas « subordonné à la justification de dépenses effectives ».

En pratique, cela signifie que le dossier doit décrire le besoin, et non les seules dépenses engagées. Le temps que le proche consacre à l’aide, parfois au détriment de son propre emploi, peut aussi ouvrir des droits pour lui (la nomenclature prévoit les pertes de revenus des proches) : voir la page vous êtes un proche de la victime.

Source : Cour de cassation, 2e chambre civile, 6 novembre 2025, n° 24-12.018, Légifrance, consulté le 05/11/2026.

Comment le besoin est décrit

C’est l’expertise médicale qui décrit le besoin d’aide humaine : pour quels actes, combien d’heures, à quels moments, avec quel niveau de qualification. Le référentiel de l’ONIAM indique ainsi que l’indemnisation de ce poste « dépend du niveau de qualification et la mission de la tierce personne requise ». Un besoin de surveillance la nuit, par exemple, ne se décrit pas comme une aide à la toilette le matin.

Pour que rien ne soit oublié, un relevé précis de la journée type est utile avant l’expertise :

  • les actes pour lesquels vous avez besoin d’aide, du lever au coucher ;
  • la durée de chaque intervention et sa fréquence dans la semaine ;
  • les besoins de nuit ou de surveillance (chutes, désorientation, mise en danger) ;
  • qui aide aujourd’hui, et ce que cette aide coûte en temps ou en revenus aux proches ;
  • les besoins liés au logement ou aux déplacements, qui relèvent aussi des postes de frais de logement et de véhicule adaptés.

Un médecin conseil de victime peut aider à présenter ce besoin de façon complète. Le chiffrage qui suit, lui, relève de l’avocat : Après l’Accident n’évalue aucun besoin et ne propose aucun taux horaire (loi n° 71-1130, art. 54).

Accident du travail : la prestation complémentaire pour recours à tierce personne (PCRTP)

Pour les victimes d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, la Sécurité sociale prévoit une prestation spécifique. Selon service-public.gouv.fr, la PCRTP est une somme destinée à financer l’assistance d’une personne pour les actes ordinaires de la vie courante ; elle majore la rente d’incapacité permanente et a remplacé en 2013 l’ancienne majoration pour tierce personne (MTP).

Les trois conditions

  • percevoir une rente pour incapacité permanente liée à un accident du travail ou une maladie professionnelle ;
  • avoir un taux d’incapacité permanente d’au moins 80 % ;
  • ne pas pouvoir accomplir seul au moins 3 actes ordinaires de la vie courante, ou présenter des troubles neuropsychiques qui créent un danger pour soi ou pour autrui.

La grille des 10 actes

Le médecin-conseil de la CPAM ou de la MSA apprécie le besoin d’après une grille de 10 actes : se lever et se coucher ; se lever d’un siège et s’y asseoir ; se déplacer dans le logement, y compris en fauteuil roulant ; s’installer dans son fauteuil et en sortir ; se relever en cas de chute ; quitter son logement en cas de danger ; s’habiller et se déshabiller totalement ; manger et boire ; aller aux toilettes sans aide ; mettre son appareil orthopédique.

Le montant varie selon le nombre d’actes concernés, en trois niveaux (3 ou 4 actes, 5 ou 6 actes, au moins 7 ou troubles neuropsychiques), et il est revalorisé chaque 1er avril : les montants en vigueur figurent sur la fiche officielle. La PCRTP n’est pas soumise à l’impôt sur le revenu et n’est pas récupérable sur la succession. Elle peut se cumuler avec d’autres aides, comme la prestation de compensation du handicap, à condition qu’elles ne financent pas les mêmes besoins.

L’essentiel. La PCRTP est une prestation forfaitaire de la Sécurité sociale. Lorsque l’accident du travail ouvre droit à une indemnisation complémentaire, par exemple en cas de faute inexcusable de l’employeur ou de tiers responsable d’un accident de trajet, l’articulation entre cette prestation et le besoin réel d’aide humaine est une question à examiner avec un avocat.

Source : Service-public.gouv.fr, F31435, prestation complémentaire pour recours à tierce personne (vérifiée le 01/04/2026), consultée le 05/11/2026 ; code de la sécurité sociale, art. L434-1 à L434-6 et D434-1 à D434-3, cités par la fiche.

Questions fréquentes sur la tierce personne

Mon conjoint m’aide tous les jours sans être payé : cette aide compte-t-elle ?

Oui, le besoin d’aide existe quelle que soit la personne qui l’apporte. La Cour de cassation rappelle que le montant de l’indemnité « ne saurait être réduit en cas d’assistance familiale » et qu’il n’est pas subordonné à la justification de dépenses effectives (2e civ., 6 novembre 2025, n° 24-12.018).

Faut-il faire une demande pour obtenir la PCRTP ?

En principe non : selon service-public.gouv.fr, c’est la CPAM ou la MSA qui détermine directement si vous y avez droit, après avis de son médecin-conseil. Une démarche n’est prévue que pour certaines personnes qui percevaient déjà l’ancienne majoration pour tierce personne.

L’aide pendant la période de soins est-elle indemnisée ?

Oui, mais dans un autre poste. Avant la consolidation, le rapport Dintilhac range l’assistance temporaire d’une tierce personne dans les frais divers ; le poste « assistance par tierce personne » concerne l’aide permanente, après la consolidation.

Avant de signer, être recontacté par un avocat

Gratuit pour vous, sans engagement. Votre demande est transmise à un avocat partenaire, qui reste seul juge de la suite. Un seul avocat de votre secteur la reçoit et vous rappelle selon ses disponibilités : nous ne promettons pas de délai. Ne détaillez pas vos blessures ici, l’avocat vous posera les questions utiles sous le secret professionnel.

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Le besoin d’aide humaine se décrit pendant l’examen médical. Un avocat qui défend les victimes peut vous aider à le documenter avant ce rendez-vous.

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